Ça bouge enfin du côté de la mobilité propre et silencieuse. En ville, les deux-roues à moteur sont des nuisances aussi bien atmosphériques que sonores. Or, jusqu’à un passé très récent, ces nuisances n’étaient que rarement dénoncées, contrairement à celles, réelles également, des automobiles. Mais quel que soit le nombre de roues en effet, un véhicule animé par un moteur à explosion fait du bruit et pollue.
Depuis quelques années, les deux-roues électriques en libre-service se multiplient en agglomérations. Côté particuliers, scooters et motos continuent en revanche à fonctionner pour l’essentiel au pétrole.

Un scooter à la fois rétro et high-tech

Deux nouveaux acteurs tricolores se positionnent pour fabriquer et commercialiser des scooters électriques produits dans l’Hexagone. C’est le cas de Red et de ses maxi-scooters, bientôt assemblés dans la Sarthe. C’est celui également de Mob-Ion, qui développe l’AM1, son premier modèle.
Ce modèle, comme ceux de chez Red, est pour l’instant destiné aux professionnels de la restauration rapide. C’est grâce au partenariat mené avec une de ces entreprises de livraison de repas que Mob-Ion développe, améliore, peaufine et valide ses choix technologiques. Répondre aux besoins des professionnels est en effet le meilleur moyen de répondre, ensuite, à ceux des particuliers. Les premiers étant, généralement, plus exigeants que les seconds…
Contrairement à Red, qui sous-traite la fabrication de ses machines, Mob-Ion les assemble elle-même. L’entreprise dispose en effet de ses propres petits ateliers, tous implantés en France. Et Mob-Ion ne se contente pas d’assembler des éléments importés d’Asie. Les scooters AM1 sont, en effet, constitués d’une majorité de composants sourcés dans l’Hexagone. Le Mob-Ion AM1 est d’ailleurs, à ce jour, le seul scooter qui soit labellisé Origine France Garanti.

Un scooter fonctionnant à l’hydrogène est en développement chez Mob-Ion. Pour faire le plein, il suffit de changer de cartouche ! © Mob-Ion.

Batteries au sodium et cartouches d’hydrogène !

Mieux, l’entreprise travaille sur une nouvelle génération de batteries, en partenariat avec le Français Tiamat. Ce dernier, une émanation du CNRS et du CEA, développe depuis plusieurs années de nouvelles cellules sodium-ion.
À terme, cette technologie permettra d’embarquer des batteries à la fois moins polluantes, trois fois plus endurantes et qui se rechargent dix fois plus vite. En contrepartie, elles offrent une autonomie plus limitée. Elles sont par conséquent adaptées à de petits véhicules qui parcourent de courtes distances, en agglomération notamment.
Ces cellules n’utilisent que du sodium, bon marché, dont les réserves sont abondantes et réparties sur l’ensemble de la planète. Adieu les métaux rares, chers et polluants que sont le lithium, le cobalt, le nickel, etc.
Mob-Ion travaille également sur des scooters équivalents 125 cm3 équipés de batteries pouvant offrir jusqu’à 400 km d’autonomie.
Autre piste en développement : le scooter Mob-Ion AM1 Powered by STOR-H. Il s’agit d’un modèle électrique qui fonctionne avec des cartouches d’hydrogène, une technologie développée par l’entreprise franco-suisse STOR-H. Ici, aucun délai d’attente pour recharger son deux-roues : il suffit de remplacer la cartouche vide par une pleine.
Quand la réalité finit, vraiment, par ressembler à la science-fiction…