Comment différencier une marque d’une autre ? Par son nom ? Ok, c’est effectivement ce qui paraît le plus simple. Mais que signifie « être » une marque aujourd’hui ? S’agit-il d’un style reconnaissable, d’une qualité des produits, de valeurs, de savoir-faire ? Ou parle-t-on plutôt d’image, de discours, de communication, de positionnement marketing, etc.
Force est de constater que la deuxième conception est aujourd’hui la plus répandue. Avec cette approche, propre à la fast-fashion, il suffit parfois de changer d’étiquettes, et le tour est joué. Aussi n’est-il pas rare de payer fort cher un produit d’une marque réputée, puis de retrouver ledit produit dans une autre boutique, sous une autre marque et à moitié prix.
C’est très énervant, à moins bien sûr de n’attacher de l’importance qu’à la marque… Auquel cas peu importe l’ivresse, pourvu qu’on ait le flacon !

Redonner du sens aux vêtements

C’est parce qu’une proportion importante des consommateurs ne croit qu’aux marques que celles-ci font ce qu’elles veulent. Y compris vendre très cher des produits de qualité médiocre, fabriqués dans des conditions déplorables.
Heureusement, d’autres clients, de plus en plus nombreux semble-t-il, accordent plus d’importance aux produits qu’au nom imprimé ou brodé dessus.
Plus d’importance aussi à ce qui se cache derrière telle chemise ou telle veste. Quelle est sa matière ? Où a-t-elle été fabriquée ? Son prix est-il justifié ? Parmi ces nouveaux consommateurs, certains franchissent le pas et décident de devenir acteurs.

C’est-à-dire de créer la marque et les vêtements qui correspondent à leurs aspirations, à leurs envies. Bref, la marque qui leur ressemble. C’est très précisément ce qu’a fait le couple qui acréé Ankore, une nouvelle marque de prêt-à-porter tricolore, née et implantée à Nantes.

Produire sans nuire

Outre le design et la création de vêtements, ces jeunes entrepreneurs ont une motivation : la préservation de l’environnement. Pour ce faire, on peut utiliser des fibres textiles locales qui ne nuisent pas à notre chère nature. On peut privilégier les textiles recyclés. À quoi bon, en effet, produire davantage et nuire à cet environnement si la matière première existe déjà ? Il suffit de recycler les anciennes fibres pour en faire de nouvelles.
C’est ainsi que pour ses vestes, Ankore utilise une toile mi-polyester mi-coton bio, recyclés l’un et l’autre. Ce sergé est tissé en France, à Castres, avant d’être confié à un atelier des Deux-Sèvres pour la confection.
Ces jolies vestes de travail, proposées en marine et en beige, sont donc 100 % made in France. Même les boutons en bois, qui apportent une petite touche originale, sont produits dans l’Hexagone, en Île-de-France.
Une démarche analogue a été suivie pour les pulls de la marque nantaise. Ils sont, en effet, confectionnés en France, en Loire-Atlantique, avec un fil de laine mérinos recyclé — en Italie. Deux variantes du pull sont pour l’instant au catalogue : une rose pâle pour les filles, une bleu marine pour les gars.

Textiles recyclés et fabrication française…

Les accessoires Ankore ont eux aussi été fabriqués dans des conditions identiques de respect de l’environnement. Les bonnets — vert et rouille — sont ainsi confectionnés avec la même laine que les pulls, cela dans le même atelier.
Idem pour les casquettes : la toile de 480 g utilisée pour leur fabrication est celle des vestes. Également déclinées en beige et en marine, elles sont en revanche peaufinées par un atelier spécialisé. N’est pas chapelier qui veut ! Il n’en reste pas moins que cet atelier est, lui aussi, implanté en Loire-Atlantique. Élégants, sobres et de qualité, les vêtements et accessoires Ankore sont donc aussi 100 % locaux, 100 % écologiques.
Une petite entorse à la proximité est cependant commise pour les sweat-shirts et les t-shirts. Ils sont, en effet, produits sur la péninsule ibérique, dans un textile très particulier.
Il est possible en effet, aujourd’hui, de produire du tissu tout en dépolluant. Comment ? En récupérant par exemple le plastique qui envahit les mers et les océans pour en faire du polyester. Coup double, donc. Le fil de polyester issu de la transformation de ces plastiques est filé en Espagne. Il est ensuite marié et tricoté avec du coton. Résultat : un tissu composé à 75 % de coton bio et à 25 % de polyester recyclé.

… ou portugaise

Pour des raisons de prix de vente, les t-shirts et sweat-shirts Ankore sont confectionnés au Portugal. Les sweat-shirts homme et femme le sont dans un tissu de 310 g/m2, plus épais que celui utilisé le plus souvent. Trois coloris sont proposés : le bleu marine, le camel et le gris. La coupe est plutôt ajustée, tandis qu’une petite poche passepoilée, sur la poitrine, permet de ranger quelques objets.
C’est dans le même tissu que sont fabriqués les t-shirts, mais dans un grammage inférieur. Et heureusement. Ces t-shirts ne sont pour l’instant disponibles qu’en bleu marine. Après tout, mieux vaut débuter modestement, mais sûrement, que de multiplier les références et de ne pas les vendre…