
Les Français n’aiment pas les éoliennes. Partout où des projets sont en cours, ils sont retardés, bloqués. Ils sont parfois simplement abandonnés, après par de multiples recours d’associations de riverains. Certains trouvent que ces immenses « moulins à vent » défigurent leur paysage. D’autres qu’ils vont dévaloriser leur propriété. D’autres encore qu’il est préférable de construire de nouveaux réacteurs nucléaires, etc.
Bref, les bonnes raisons ne manquent pas pour empêcher que de nouvelles éoliennes soit érigées dans l’Hexagone. Même lorsqu’il s’agit de projets offshores, les entraves se multiplient, via les marins-pêcheurs notamment qui, pour défendre leur métier, empêchent le développement de nouvelles activités. Chacun pour sa pomme après tout.
Des projets pour relancer le solaire
Malheureusement, ces obstacles au développement des énergies renouvelables se poursuivent alors que les prix du gaz et ceux de l’électricité, indexés sur ceux du gaz, s’envolent. Résultat : les factures de chauffage explosent.
Jusqu’à présent, les projets de centrales photovoltaïques semblent ne pas rencontrer la même opposition de la part de la population de l’Hexagone. Il est vrai que les panneaux solaires ne se voient pas de loin et qu’ils ne gâchent pas « la vue ».
Pour autant, l’espace au sol qu’occupe un parc solaire n’est pas négligeable. D’aucuns pourraient estimer que ces terrains seraient sans doute mieux utilisés à d’autres fins, agricoles notamment. Ça viendra peut-être, mais, pour l’instant, les panneaux solaires passent entre les gouttes de la fameuse « colère des Français ».
Partant, des projets se font jour, dont l’objectif est de donner un coup de fouet au solaire, qui en 2022 occupe encore une part minimale dans la production d’électricité tricolore.
Depuis plusieurs mois, une entreprise sino-norvégienne projette ainsi de construire une vaste usine de fabrication de panneaux solaires, en Lorraine. Il s’agit notamment de mettre en application une nouvelle technologie développée par le CEA. Mais deux ans après cette annonce, le projet demeure un projet.

Du géant de l’énergie à la start-up
De son côté, le fabricant singapourien Maxeon, né d’une scission de SunPower et filiale de TotalEnergies, doit recevoir une aide européenne pour produire des panneaux en France. Destinés aux toitures des particuliers, ils seront produits en Lorraine également, dans l’usine De Vernejoul, à Porcelette. Par chance, ce site de production est opérationnel depuis 2012. Un tout nouvel acteur, baptisé Carbon, a quant à lui annoncé vouloir édifier une Gigafactory — comme il convient de dire désormais — de panneaux photovoltaïques. Quelque part en France. Il s’agira alors, selon les fondateurs de cette start-up, de maîtriser toute la chaîne de valeur, de la production de lingots de silicium aux modules, en passant par celles des wafers et des cellules. Si tout se passe comme prévu, 2 000 emplois devraient être créés. Début de production espéré : 2025.
Vivre grâce aux commandes étrangères
Un site de production d’éoliennes offshores est, quant à lui, déjà à pied d’œuvre, à Saint-Nazaire. L’activité de cette usine General Electric est essentiellement alimentée par des projets étrangers, en raison des blocages sus-mentionnés dans l’Hexagone.
Un deuxième site est en cours de construction, au Havre, par Siemens-Gamesa. Fabriquera-t-il des « machines » pour les parcs offshores tricolores ou devra-t-il, lui aussi, sa survie à des commandes venues d’ailleurs ? Et qu’en sera-t-il des prochaines usines de panneaux photovoltaïques, si elles se concrétisent vraiment, un jour ?




