
Comment concilier respect de la nature, production locale et mobilité ? Ou, en l’occurrence, comment faire en sorte que le développement de la voiture électrique profite à l’Hexagone et à ses habitants, sans nuire à l’environnement.
Le problème des matières premières est essentiel. Indispensables aux moteurs électriques et aux batteries, les terres rares et le lithium sont ainsi extraits à l’étranger. Qui plus est dans des conditions environnementales et humaines déplorables le plus souvent.
Du lithium made in France ?
La solution la plus juste, pour ne pas polluer d’autres pays à notre profit, serait d’extraire ces matières premières en France.
Problème : le territoire est plutôt pauvres en richesses naturelles de ce type. Et si ces richesses existaient, il faudrait se lancer dans l’exploration puis, éventuellement, dans leur exploitation. Les Français accepteraient-ils l’ouverture de nouvelles mines ? Pas sûr.
Les Serbes ont quant à eux choisi de privilégier le respect de leur territoire. La multinationale anglo-australienne Rio Tinto ne pourra pas y « valoriser » ses énormes réserves de lithium.
Pour autant, qui dit pauvre ne dit pas totalement dépourvue de ressources. Deux gisements potentiels de lithium sont en effet étudiés et « testés » en France en 2022.
Le premier, qui semble le plus avancé, consiste à extraire du lithium des saumures d’une station géothermale alsacienne. Le groupe tricolore Eramet est même parvenu à extraire ses premiers kilos « d’or blanc » des eaux du fossé rhénan, dans le Bas-Rhin. Cerise sur le gâteau : le procédé d’extraction développé par l’entreprise ne serait pas polluant, contrairement à ceux généralement employés, en Amérique du Sud notamment.

Recyclage et nouvelles technologies
C’est un autre spécialiste français, Imerys, qui de son côté travaille sur une source potentielle de lithium en France, dans l’Allier. Il s’agit dans ce second cas d’extraire du lithium du granit d’une mine, exploitée actuellement pour le kaolin.
Les résultats sont semble-t-il là aussi prometteurs. Pour autant, Imerys est plus réservé qu’Eramet quant à la possibilité d’y développer l’extraction industrielle de lithium.
Eramet développe également un autre projet, avec Suez, destiné cette fois à recycler les batteries lithium-ion. Une autre manière de ne pas dépendre de matières premières coûteuses et importées.
Quant à la start-up Tiamat, elle développe des batteries de nouvelle génération au sodium. Ces batteries permettraient de se passer de lithium et de cobalt, rares et chers. Ces batteries plus économiques ont en outre l’avantage de se recharger en seulement cinq à dix minutes. Quant au sodium, il est abondant et réparti sur tous les continents.
Les terres rares présentes dans les aimants des moteurs électriques sont également « des matières critiques ». Cela d’autant que la Chine extrait 30 % de ces terres sur son propre territoire, tout en fournissant 90 % des besoins de l’industrie.

Des moteurs électriques sans terres rares
Renault a trouvé la parade puisqu’elle a développé des moteurs électriques sans aimant permanent, gourmands en terres rares. Ces moteurs utilisent en revanche beaucoup de cuivre. Le constructeur a, en outre, passé un accord avec Valeo pour améliorer encore ces performances, ainsi qu’avec Whylot, une start-up française qui développe un moteur électrique à flux axial. Ce type de motorisation est économe en aimant, mais aussi en cuivre, tout en étant beaucoup moins encombrant.
Production locale, exploitation respectueuse de la nature, réduction des importations, recyclage, toutes ces initiatives sont bénéfiques pour l’économie et l’environnement. Permettront-elles, un jour, de réconcilier les industriels et ceux qui les attaquent pour leurs activités polluantes.




