Plus ça va,  moins les scooters Peugeot sont des Peugeot. Sum Up, Tweet, Vivacity, LXR ou autres Kisbee sont en effet des productions chinoises. Pourtant, la nouvelle direction de PSA semble croire encore au made in France.
Le groupe a ainsi commencé par remettre sur le marché des vélos à son nom, fabriqués par Cycleurope, dans l’Aube. Dans cette usine même où étaient jadis fabriquées les bicyclettes Peugeot. Avant qu’une précédente équipe dirigeante ne s’en débarrasse… Faire et défaire, dit-on, c’est toujours travailler. Et c’est à présent au tour de Peugeot Scooters, donc, de redonner une chance à la fabrication française.
Cette entreprise s’apprête en effet à commercialiser en 2011 deux nouveaux modèles — le eVivacity électrique et le Citystar avant, qui sait, l’étonnant l’Hybride 3 — assemblés en France. Ce sont les premières nouvelles machines produites dans l’Hexagone depuis 2006. C’est une bonne nouvelle, et ce n’est pas la seule.
Peugeot Scooters inaugure aujourd’hui, 21 décembre 2010, une concession à Nanjing, en Chine. Objectif : commercialiser des deux-roues Peugeot haut de gamme assemblés à Madeure, dans le Doubs. « Les volumes exportés resteront modestes, tempère Pierre-Louis Colin, directeur général de Peugeot Scooters, mais ils satisferont une demande émergente, celle des riches Chinois prêts à payer le double du prix pratiqué en France pour un deux-roues confortable et performant, mais frappé de lourdes taxes. » On pourra donc demain circuler sur des Peugeot français en Chine, alors que les scooters Peugeot chinois seront de plus en plus nombreux sur nos routes. Drôle d’époque…
Cela dit, cette décision confirme qu’il existe et existera de plus en plus d’acheteurs chinois pour les produits venant d’ailleurs, de France en l’occurrence. Un marché potentiel de plusieurs centaines de millions de consommateurs aisés — tout de même — qui souhaiteront se démarquer de la masse immense de leurs compatriotes, comme les consommateurs aisés de n’importe quel autre pays.
Ce marché lucratif, toutes les entreprises qui ont liquidé personnels et savoir-faire hexagonaux ne pourront plus y prétendre. Leurs produits sont désormais noyés parmi toutes les autres marchandises made in China, sans le moindre signe distinctif à mettre en valeur pour séduire les clients fortunés.
Et c’est tant pis pour elles…

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