La France est un grand pays d’agriculture et d’élevage. Conséquences malheureuses de ces activités : elle produit quantité de rejets et des sous-produits qui, au mieux, sont inexploités, au pis polluent l’environnement. Le pays est ainsi régulièrement condamné par l’Europe pour la mauvaise qualité de son eau — et la piètre qualité de son air d’ailleurs… Mais l’Hexagone est en outre aussi fortement dépendante de l’étranger pour ses besoins énergétiques. D’où l’idée de mettre à contribution le monde agricole pour à la fois diminuer la facture énergétique et réduire la pollution. Tout en apportant un revenu complémentaire aux agriculteurs.
Même si le développement de la filière méthanisation est embryonnaire en France, des exemples existent qui prouvent qu’elle mérite d’être développée. Comment en effet négliger une piste qui permettrait de traiter des polluants dont on se sait que faire et de produire l’énergie dont le pays à besoin  ? Les obstacles sont cependant nombreux qui peuvent entraver le développement d’un tel projet, l’absence de technologie (même si là aussi des exceptions existent) et de filière industrielle tricolores notamment. A moins que l’Etat ne prenne les choses en mains. C’est ce qu’il a fait jadis pour le téléphone, l’autoroute, la grande vitesse ferroviaire ou le nucléaire. C’est ce qu’il a commencé à faire hier pour l’éolien off-shore avec les premiers appels d’offres. C’est ce qu’il entame aujourd’hui pour la méthanisation. Les ministères de l’Agriculture et de l’Ecologie — avoir réussi à les associer est déjà une performance ! — ont annoncé, le 29 mars 2013, le lancement du plan «Énergie Méthanisation Autonomie Azote». De quoi s’agit-il ? Selon le communiqué officiel, de « développer en France, à l’horizon 2020, 1 000 méthaniseurs à la ferme, ce qui mobilisera 2 milliards d’euros d’investissement et permettra de créer environ 2 000 emplois pérennes au plus près des territoires ». Il s’agit pour ce faire de structurer « la filière, dans le cadre d’un projet présenté au Programme investissement d’avenir pour créer une filière nationale dans le domaine des équipements de méthanisation et dans le domaine de la valorisation des digestats »…
Quoi que l’on pense du soutien des pouvoirs publics au nucléaire ou au moteur Diesel, on ne peut que constater son efficacité. Peut-être le biogaz connaîtra-t-il demain le même succès que le gazole. Mais attention: l’Allemagne, laboratoire de la méthanisation, connaît aujourd’hui une surchauffe de la filière, certaines installations devant importer du maïs de l’étranger pour faire « tourner » leurs méthaniseurs, tandis que les prix des terres agricoles se sont envolés.

 

 

 

 

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