Le Red E50 devrait être assemblé eu Mans à partir du printemps 2022. Avec, comme point fort, une autonomie de 300 km… © Red Electric

Changement important à Paris en 2022 : les propriétaires de deux-roues atmosphériques devront payer pour laisser leur véhicule sur la voie publique.
Si les meilleurs moyens pour se déplacer en ville demeurent la marche à pied et le vélo, — électrique ou traditionnel —, les deux-roues motorisés prennent le relais quand il s’agit de circuler plus vite, plus loin. Mais à quoi bon faire la chasse au bruit et à la pollution — et aux bouchons — des voitures et des camionnettes si c’est pour laisser la voie libre aux scooters fumants et pétaradants ?

Remplacer le thermique par l’électrique

Les nouvelles règles du stationnement dans la capitale marquent donc un changement d’approche. Si les deux-roues sont les bienvenus, ce n’est plus le cas des autres. Mais alors que scooters et autres motos électriques semblent voués à un bel avenir, ils sont importés pour leur immense majorité.
Peugeot, le premier constructeur tricolore — aujourd’hui indien —, ne commercialise ainsi qu’un seul scooter électrique, fabriqué en Inde. Ou plus exactement, un modèle thermique — le Ludix, lancé en 2004 ! — électrifié. Navrant. Quant aux modèles Peugeot encore assemblés en France, il s’agit des plus chers, des plus gros, des plus bruyants et des plus polluants. Autant dire qu’ils seront rapidement bannis des centres-villes.
Eccity, petit fabricant du sud de l’Hexagone, fait quant à lui beaucoup mieux. Il propose ainsi quatre modèles — 50 cm3, 125 cm3, 125+ cm3 et 125 cm3 à trois roues — conçus et assemblés en France. Etricks propose de son côté des modèles décalés, développés et assemblés en Auvergne, à partir de composants français et européens. Mais il y a peu de chances de voir ces scooters-vélos, scooters à l’ancienne et autres tout-terrain électriques inonder le marché.

Eccity développe et assemble ses scooteurs, à trois roues notamment, dans le sud de La France. © Eccity


Pendant ce temps, des fabricants européens proposent déjà des modèles aboutis, à l’image des Askoll — réellement made in Italy — qui circulent désormais à Paris.
Askoll est avant tout un fournisseur de moteurs électriques, notamment de lave-linge. Il y a quelques années encore, il était en concurrence avec le Français Selni. Mais celui-ci a depuis disparu…

Un maxi-scooter made in France dès le printemps 2022

Pour autant, un autre acteur tricolore entend s’implanter demain dans l’Hexagone. Red Electric, c’est son nom, connaît un certain succès depuis 2017 avec sa gamme Pro. Il équipe ainsi nombre d’enseignes populaires de la restauration comme Sushi Shop, Frichti ou encore Dominos’s Pizza. Mais aussi Chronopost ou Monoprix. Mais si la marque est française, ses engins sont importés d’Asie. Qu’à cela ne tienne : l’entreprise a développé une gamme de modèles grand public, qu’elle entend assembler en France. Il s’agit d’un maxi-scooter, baptisé Model E, qui sera décliné en trois puissances : 4 000, 6 000 et 11 000 W, soit des puissances équivalentes à 50, à 100 et à 125 cm5. L’entreprise nancéienne, fondée en 2015, a en outre développé son propre moteur électrique. Dès le printemps prochain, Red Electric va faire assembler ces trois nouveaux scooters au Mans, par un sous-traitant spécialisé dans l’aéronautique et l’automobile. Les responsables de Red Electric comptent s’appuyer sur des fournisseurs français ou, à défaut, européens.

Le premier Brumaire est fabriqué en Asie. Si ses ventes sont bonnes, son petit frère devrait l’être dans le nord de l’Hexagone. © Brumaire

Vendre des scooters made in Asia pour pouvoir relocaliser

C’est également ce qu’entend faire Brumaire, une toute nouvelle marque lancée au cours de l’été 2021. À ce jour, le très joli scooter de la marque est assemblé en Asie. Mais il ne s’agit, pour les deux fondateurs de la marque, que d’une première étape. Ils travaillent déjà sur leur deuxième modèle qui, lui, devrait être assemblé en France, dans le Nord. Pour ce faire, le premier Brumaire doit être un succès. Plus il se vendra, plus l’entreprise disposera de moyens financiers pour relocaliser la fabrication. C’est en tout cas l’engagement de l’entreprise auprès de ses clients, qu’il souhaite réunir en communauté Brumaire. Vendu à un tarif équivalant à ceux des autres modèles haut de gamme made in Asia, le Brumaire embarque un moteur Bosch et deux batteries Samsung. De quoi satisfaire de nombreux clients. Clients qui, à l’horizon 2024, pourront acquérir le deuxième modèle de la marque. Qui, si tout se passe comme prévu, sera made in France.